Qui sommes-nous ?


  • Captcha Mag n’a jamais réellement eu de ligne éditoriale, mais au fil du temps, certains axes se sont dégagés très naturellement : un peu de mauvais goût, pas mal de mauvaise foi, et surtout un amour inextricable mais très hétérosexuel pour les rappeurs sous-exposés. Certains ont, pour notre plus grand bonheur, fini par percer à grande échelle : pour prendre des exemples récents, ce fut le cas de Gradur, de PNL ou de Sch -avant que son âme ne soit aspirée par DJ Kore, mais c’est une autre histoire, que l’on vous contera un autre jour.

    Parmi les rappeurs de niche que nous avons tenté, par nos modestes moyens, de mettre en avant, nombreux sont ceux qui n’ont pas franchi le moindre pallier médiatique. Un bien triste processus de macération, qui nous a permis de prendre conscience d’une réalité sombre mais romantique : une chronique sur Captcha Mag n’apporte à un album que quelques centaines d’écoutes supplémentaires, et, dans le meilleur des cas, quelques ventes digitales -que l’on peut compter sur les doigts de Mac Tay Capone.

    Et puis, interviewer Rochdi il y a quelques temps m’a fait comprendre autre chose : un rappeur destiné à l’ombre se doit de rester dans l’ombre. Soyons réalistes : personne ne veut voir Rochdi en Ferrari dans le prochain clip de Chris Maccari. Cent fans fidèles, convaincus de ton art et capables de comprendre ton univers, valent bien mieux qu’un demi-million de connards en Abercrombie -demandez à Ténébreuse Musique.

    Le dématérialisation des supports musicaux a permis aux artistes de s’émanciper des intermédiaires. Plus besoin pour eux de devoir attendre pressage et distribution pour fournir au public de nouvelles doses … bref, vous connaissez la sauce. Nous sommes tous très heureux de pouvoir écouter quinze nouvelles mixtapes chaque semaine chez Haute Culture, de la même manière que nous avons beaucoup aimé la démarche de Gradur à ses débuts, consistant à « enregistrer un titre le lundi, le clipper le mardi, et le balancer sur Youtube le mercredi ».

    Seulement, comme toute invention humaine potentiellement géniale -internet, l’écriture, Dragon Ball-, la dématérialisation de la musique a ses effets pervers. Ainsi, de nos jours, nombre d’excellents disques n’ont qu’une existence strictement virtuelle. L’objet physique n’existe plus. On comprend bien évidemment nos amis rappeurs, qui ne souhaitent pas s’encombrer de démarches fastidieuses pour placer leurs disques dans les bacs et se ramasser avec des scores miteux en première semaine, avant de finir bradés dans les rayons poussiéreux des invendus de la Fnac.

    Seulement, bah ça nous fait chier de ne pas pouvoir prendre dans nos mains des disques que l’on a écouté des centaines de fois. Voici donc le point de départ de Captchamag Limited Records, dit CLR pour les intimes.

    Le concept

    Des disques physiques de rappeurs « de niche ». En édition limitée et numérotée.
    Nous sommes conscients qu’un rappeur comme Moïse the Dude a une fan-base limitée, qu’il ne vendra jamais des milliers d’exemplaires de Dudelife. Seulement, sa fan-base limitée a le droit de posséder un exemplaire de cet album vécu comme l’aboutissement du parcours musical du Dude depuis son premier EP solo. L’édition limitée est là pour combler cette attente : il y aura cent exemplaires de Dudelife, en tout et pour tout. Pas un de plus.

    Il y aura des disques qui sortiront en exclusivité chez nous, et d’autres qui ne seront qu’une première édition physique d’albums déjà sortis digitalement.

    Le lancement

    Pour le lancement, nous avons choisi un artiste que nous suivons depuis les débuts de Captcha Mag, et qui correspond en tous points au concept du label : un rappeur que l’on considère comme injustement sous-exposé, qui possède son propre style, et qui n’a jamais visé les disques d’or : Moïse the Dude, avec son album Dudelife. 

    Une autre sortie est prévue très rapidement, mais nous nous sommes fixés comme principe de ne rien annoncer tant que nous n’avons pas les disques entre les mains -afin d’éviter les effets d’annonces à rallonge et les « repoussé à une date ultérieure indépendamment de notre volonté » dont le rap français a la mauvaise l’habitude.

    L’objet

    Un beau CD sérigraphié, dans son boitier, avec un livret et de jolis visuels. Le tout numéroté et dédicacé par l’artiste.

    Pourquoi des éditions limitées ?

    L’édition limitée est un moyen de contourner la dictature des chiffres et de la première semaine : Dudelife sera vendu à 100 exemplaires uniquement. Pas un de plus. D’autres albums d’autres artistes seront pressés à 50, 100, 200, 500 exemplaires, selon la taille de la fan-base de nos artistes. Nous ne ferons que des éditions limitées et numérotées. L’objectif n’est pas de vendre beaucoup, mais de donner de la force à ces artistes que l’on aime et que l’on souhaite soutenir.

    Quel est le rôle de CLR auprès de l’artiste ?

    Nous n’intervenons à aucun moment dans le processus créatif de l’artiste. Dans certains cas, nous émettons un avis sur le mixage et le mastering du produit, sur demande de l’artiste uniquement. Nous intervenons uniquement sur le choix des visuels de l’objet physique (cover, backfront, livret), en laissant toujours le dernier mot à l’artiste. 

    Le prix

    10 euros. Ce tarif nous permet de couvrir les frais de fabrication du disque. Les frais de port sont fixés à 3 euros pour la France, la Belgique, la Suisse et le Luxembourg. Il est également possible de prévoir une remise en main propre sur Paris, ce qui vous exonérera des frais de port, mais peut allonger les délais de livraison.
    Nous estimons proposer un prix suffisamment attractif pour un album pressé avec boitier et livret. Il faut tenir compte du fait que presser un album en petite quantité est bien plus couteux que de fabriquer cinquante-mille exemplaires dans les presses de l’enfer de Benjamin Chulvanij. Les éventuels bénéfices seront divisés en deux : 50% pour l’artiste, et 50% pour le label, qui s’engage à réinvestir la totalité de la somme perçue dans le pressage des albums d’un autre artiste.
    L’idée est bien entendu d’arriver à auto-financer un maximum de bons disques tout au long de l’année.

    L’équipe du label

    Le Jeune Did. Singemongol. Genono.
    Composition amenée à évoluer en fonction des futures sorties.

     

    Que la paix soit sur vous.

     

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